La supervision douce et intuitive : une ressource essentielle pour les accompagnantes et entrepreneures de la relation d'aide
- irisnosjean
- 26 août 2025
- 2 min de lecture
Dans le champ de la relation d’aide et de l’entrepreneuriat au féminin, la supervision est encore trop souvent perçue comme un cadre formel, réservé à l’analyse de pratiques. Pourtant, elle peut être bien plus que cela. Je crois profondément qu’elle est un levier de transformation, un espace d’ancrage, d’alignement et de ressourcement. Une pratique vivante, précieuse, au cœur du chemin de toute professionnelle de l’accompagnement.
La supervision, un espace pour revenir à soi
Quand on accompagne, on donne beaucoup : de temps, d’énergie, de présence. On porte les émotions de l’autre, on écoute, on soutient, on guide. Dans cette dynamique, il est facile de s’oublier, de se perdre, ou de fonctionner en pilote automatique. La supervision, telle que je la conçois, est un espace pour revenir à soi. Un moment pour écouter ce que mon corps me dit, ce que mes émotions racontent, ce que mes doutes cherchent à me montrer.
Elle ne vise pas à "corriger" ou "contrôler", mais à prendre soin. Prendre soin de l’humain derrière la professionnelle. Prendre soin de cette part en nous qui doute, qui fatigue, qui a besoin d’un espace pour respirer.
Une vision sensible et incarnée de la supervision
Ma vision de la supervision est intuitive, sensible, enracinée dans le corps. Elle donne toute sa place à l’ici et maintenant, à l’intelligence émotionnelle, aux images intérieures, aux ressentis subtils. Elle reconnaît que le chemin professionnel n’est pas linéaire, qu’il est traversé par des remises en question, des passages à vide, des reconnections puissantes.
Dans cette approche, la supervision devient un lieu d’exploration intérieure, un miroir bienveillant, un contenant symbolique où déposer ce qui pèse et cultiver ce qui fait sens. Elle nourrit la posture d’accompagnante dans sa profondeur et son humanité.
Pourquoi c’est essentiel dans l’entrepreneuriat du soin et de l’accompagnement
Quand on est indépendante, cheffe d’entreprise, praticienne du soin ou de la relation, on évolue souvent seule. On prend toutes les décisions, on porte la vision, la stratégie, la communication… mais aussi la posture d’écoute, l’éthique, la qualité de la relation thérapeutique.
La supervision offre un point d’appui précieux. Elle permet de ne pas s’isoler, de continuer à grandir professionnellement, d’exercer avec éthique et clarté. Elle évite l’épuisement, aide à clarifier les limites, à poser des cadres justes, à rester alignée avec ses valeurs.
Dans cette perspective, elle n’est pas un luxe ou un supplément : elle est une hygiène professionnelle. Elle soutient la longévité de notre engagement, notre créativité, notre plaisir à accompagner.
Une pratique pour rester vivante dans son métier
Dans les moments où le doute s’installe, où la fatigue gagne, où une situation nous confronte profondément, la supervision permet de traverser avec plus de conscience. Elle nous aide à reconnaître ce qui se rejoue, sans s’y enfermer. À accueillir ce qui nous touche, sans le juger. À transformer nos vulnérabilités en ressources.
Cette démarche est douce, intuitive, respectueuse du rythme de chacune. Elle s’adresse à toutes les femmes qui souhaitent continuer à incarner leur mission d’accompagnement en restant vivantes, sensibles et créatives.
Iris Nosjean, psychologue clinicienne.

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